La gravure en relief

La taille d’épargne, la gravure sur bois

Le bois peut être gravé « de bout » (comme les billots de boucher), ou de fil (une planche). Le bois « de bout » est toujours plus dur que le bois de fil. Il est aussi plus homogène, car on ne garde que les morceaux les meilleurs. Le bois de fil est en général choisi assez tendre homogène, avec peu de veines. Le bois de fil ayant tendance à se gauchir, on utilise des planches assez petites. Les bois de fil sont des bois tendres (cerisier, poirier, tilleul).

Pour réaliser la gravure, on utilise des outils comme les gouges ( avec un profil courbe), des ciseaux ( avec un profil plat), des couteaux (lame avec un ou deux biseaux), des burins (pièce d’acier carrée affûtée).

Sur un bois très dur on utilisera souvent des burins, ce qui permet à la fois de faire des dessins précis, et sans risque d’éclatement du bois.

Dans ce type de gravure on creuse là où l’on souhaite obtenir du blanc au tirage (champlevé). L’encre est déposée sur les reliefs comme en typographie. L’essor de la xylographie, tient, au début, à la production d’images pieuses diffusées lors des pèlerinages. C’est en Europe au XIXème siècle on utilise encore des bois gravés pour imprimer les illustrations dans les livres (culs de lampe, images). Les papiers peints, les tissus indiens, les cartes à jouer etc..

Gravure en clair-obscur

Cette technique permet d’imiter les dessins « aux trois couleurs ». Cette technique est utilisée jusque vers 1650. On utilise au moins 2 planches, mais parfois jusque 5. La planche de trait, une planche de teinte (jaune), une 3ème planche donne les partie plus sombres (bistre). La superposition des tirages permet d’avoir une estampe en «trois couleurs».

L’impression des estampes japonaises « ukiyo-e » est fondée sur la même technique de gravure, plusieurs planches en bois de fil, mais avec des encres à l’eau.

Les substituts du bois

Le linoléum

Le linoléum est un mélange de liège et d’huile de lin couché sur un une nappe de chanvre (inventé vers 1860). Il a été utilisé au début du XXème siècle par le mouvement « die Brücke », puis Picasso.

Il à l’avantage d’un faible coût, d’être homogène, très facile à entailler. Malheureusement, il s’use vite et ne permet pas d’avoir trop de détails du fait de sa « souplesse ».

C’est le bon matériau pour apprendre à graver, faire des tampons etc.

Les contre plaqués

En général la couche de surface est trop fine, pas homogène et a tendance à s’écailler. Les contre-plaqués avec une couche superficielle en okoumé résistent mieux. Voir aussi le contreplaque « japonais ». Au Japon il est encore d’avoir des plaquages épais (4-5mm de cerisier collé sur un contreplaqué).

Gravure par griffage (pointe sèche)

On utilise une plaque de métal ou de plastique, et en la griffant avec une pointe, on réalise un sillon. Les bords du sillon (les barbes) sont alors en relief et retiendront l’encre. C’est la technique la plus proche du dessin.

La « roulette », permet de faire des zones grisées rapidement. Au XIXème siècle on utilisait aussi le « vélo » pour faire des lignes parallèles.

Gravure au criblé sur métal

C’est une gravure en relief sur métal : on grave au moyen d’un burin ou avec des poinçons de différents calibres que l’on frappe au marteau. La frappe génère une série de petites cuvettes qui resteront blanches au tirage. Comme pour la xylographie c’est le relief qui est encré

Gravure en réduction ( à bois perdu )

C’est une technique simple qui permet de faire facilement des tirages en couleur. On utilise une seule plaque qui servira pour toutes les couleurs. Les couleurs sont appliquées de la plus claire à la plus foncée. Le nombre de couleurs est assez réduit en général.

La première étape est de graver ce qui restera blanc sur l’estampe finale. On applique alors la couleur sur toute la plaque et on imprime le jaune par exemple. Toute l’estampe est jaune avec des réserves de blanc (là où l’on a creusé). On grave ensuite les parties qui ne doivent pas être bleues, on imprime toute la plaque en bleu. Sur l’estampe, tout est bleu, sauf ce qui doit rester blanc et jaune etc. A la fin il ne reste presque rien de la plaque, elle n’est plus réutilisable. Cela permet aussi de faire des estampes de grande dimension à moindre frais.

Gravure en relief par apport de matériau

A lieu de creuser un plaque, on va coller dessus différents matériaux.

Collagraphie

Sur une plaque rigide, on colle des épaisseurs de papier, carton, ou tout autre chose qui résistera à la pression (un certain temps). C’est aussi un moyen de faire du gaufrage. Dans la région, Walter Barientos et Vincent Dezeuze utilisent cette technique. Pour faire un gaufrage, il faut du papier résistant que l’on utilise humide. S’il s’agit d’un tirage encré, alors on utilise plutôt le papier sec.

Gravure au carborundum

Le carborundum se présente sous forme de poudre calibrée, plus ou moins grosse, de carbure de silicium. C’est un matériau extrêmement dur. Il est employé pour la toile émeri et le polissage en général.

Les grains sont calibrés. On les dispose et on les colle en plus ou moins grande épaisseur. Cette technique permet d’avoir des contrastes importants.

Des graveurs historiques

Un site sur « tous » les graveurs jusqu’à la fin du XIXème siècle ! www.printsandprinciples.com

Martin Schongauer, Hans Baldung Grien, Albrecht Dürer (sur bois «  l’apocalypse), Cranach, Burgkmair, Lucas van Leyden , Hokusai, Hiroshige

Quelques graveurs contemporains

Jean-Marie Picard (Gallerie-Atelier DPJ à Sète), Franz Gertsch, Lise Follier-Morales, Pascale Hemery.

Quelques références

https://www.zuber.fr/ Fabricant de papier peint panoramique à la planche

Les cartes à jouer (site de la BNF)

Musée du dessin et de l’estampe originale de Gravelines

Gallerie « Oeuvres graphiques contemporaines »

Centre de la gravure belge

Fête annuelle de l’estampe autour du 26 mai

Gallix (BNF)

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